Ré-ouverture du 59 rue de Rivoli

Utopie année zéro

par BIBI



La façade du squat de la rue de Rivoli par BIBI
De mars 2001 à mars 2004 - Paris
(bidons plastiques polyéthylène, guirlande électrique)

La Mairie de Paris aura tenue ses promesses. Dont acte.
Mais qu’en est-il des squatteurs, anciens “Electrons Libres” ?

La nouvelle institution et ses gentils neutrons se sont dotés d’une façade toute propre. C’est vrai que l’ancienne faisait peur aux passants.

J’ai beaucoup fréquenté les squats dits artistiques. J’ai notamment séjourné de février 2001 à avril 2003 au squat de la rue de Rivoli.

Si cela vous tente, relisez bien « La ferme des animaux » de Georges Orwell : 3 petits cochons suivis des autres animaux proclament l’autogestion dans une ferme et rédigent un manifeste avec 7 commandements. Les années passent et seul l’âne Benjamin arrive à lire ce qu’il en reste, un seul commandement :

« Tous les animaux sont égaux
mais certains sont plus égaux que d’autres »
.
Un vernissage branché

Que reste-t-il des fêtes dionysiaques des années 2000?

Le vernissage du 9 septembre 2009 est maintenant chapeauté par Mac Donald’s.
En 2001, peut-être sous l’effet d’une vision prémonitoire, j’avais réalisé une installation "L’Enfer de BIBI, c’est ici au 59 rue de Rivoli". En fait, cela devait s’appeler « l’enfer de BIBI, c’est Mac Donald »: chaque diablotin portait le logo du marchand de frites. C’est maintenant la réalité !

Que reste-t-il des principes qui ont prévalu à l’ouverture du lieu : occupation éphémère, la remise en cause des résidences proprettes de l’institution, la demande des baux précaires pour les lieux publics inoccupés ?
...et surtout la non sédentarisation des artistes en résidence : certains Rivoliens affichent maintenant 10 ans au compteur de résidence fournie par la ville.

Un rapide calcul permet d’établir qu’avec le budget total de Rivoli, il aurait possible d’ouvrir 250 ateliers d’artistes dans Paris.
Soit 220 de plus qu’à Rivoli.




Installation “ L’enfer de BIBI, c’est ici au 59 rue de Rivoli ” - Version 1
Paris, squat "Chez Robert" - février 2001

(bidons, poupées et une chambre)

Ecoutons ce qu’en pensait à l’époque Monsieur Gaspard Delanoë.

Vidéo réalisée en Mars 2001 au Squat “Electrons Libres”, 59 rue de Rivoli, Paris.
Avec Gaspard Delanoë et des visiteurs.
En 2009, Monsieur Gaspard Delanoë est le Président de l’association qui gère l'espace culturel sis 59 rue de Rivoli.


Téléchargez Flash Palyer pour voir cette vidéo.


Retranscription :

Gaspard Delanoë :.....une cooptation....Et puis une certaine forme d’art qui est subventionnée par l’Etat depuis maintenant...pas n’importe lequel et cetera...autre chose...genre...

Visiteur : et ça ca existe ?

Gaspard Delanoë : Très bien, ça existe, pour faire...mais y’a pas de champ pour les artistes ensemble, y’a pas de champ pour les jeunes artistes, tous ceux qui sont pas à l’heure actuelle dans la mouvance...(inaudible)...y a pas tout ça. Donc, tu vois...

Visiteur : parce que il y a quand même visiblement dans le dossier...il y a...vous vous adressez un peu aussi à l’institution, non ?

Gaspard Delanoë : Attends, d’abord on s’adresse au public hein...Nous ce qu’on fait c’est 60 000 visiteurs et la structure elle est crée pour le public.

Visiteur : mais vous avez des lettres, des trucs comme ça, potin, tout ça...

Gaspard Delanoë : on s’adresse aussi aux institutions.

Visiteur : non mais vous avez un discours vis à vis d’eux, c’est ça...

Gaspard Delanoë : on a un discours vis à vis de tout le monde !

Visiteur : non mais attends, moi je dis pas comme ça...

Gaspard Delanoë :...la mairie aussi et la culture aussi mais ce sont d’abord les citoyens quoi.

Visiteur : avec l’idée quand même que les institutions suivent derrière et légalisent un truc ou vous vous en foutez de ça...y pas de revendication vis-à-vis de ça ?

Gaspard Delanoë : ça... il faudrait qu’on discute, discutons, voyons quelles sont les propositions...pourquoi pas...éventuellement mais pérennise...peut-être pas un collectif...pérennise un lieu éventuellement, mais pas un collectif, tu vois...un lieu comme celui-là il pourrait être pérennisé...mais dans ce cas là nous on se barre d’ici un an ou deux...puis après c’est d’autres qui en profitent.
Le lieu, gagner des lieux pour la jeune création, après que ce soit des artistes qui deviennent fonctionnaires, non ça, ça ne nous intéresse pas. Je crois pas, pas ici en tout cas. Dans d’autres lieux peut-être mais pas ici.

Il faut gratter hein de toute façon là, parce que des lieux pour louer à Paris il n’y en a pas beaucoup...des lieux de création et diffusion, il y en a pas beaucoup.

Visiteur : ben ouais ouais....

Gaspard Delanoë : ben c’est surtout que l’ensemble de la ville est vide, des lieux vides donc pourquoi pas les transformer au moins, même temporairement, en des lieux éphémères quoi.

Visiteur : et la Bourse, c’était....parce que j’y suis passé une fois comme ça, ça fonctionnait comment ?

Gaspard Delanoë : C’était...non...C’était un autre collectif

Visiteur : un autre collectif...

Gaspard Delanoë : ouais.. et qui a duré 3 mois...et...plus provoc quoi...

Visiteur : (rires)

Gaspard Delanoë : voilà, bon ben je vais aller faire mes photocopies que je dois faire de toutes façons

Visiteur : puis je ne t’emmerde plus avec toutes mes questions et puis voilà. Donc ben à bientôt, je vais repasser

Gaspard Delanoë : ouais

Fin de la retranscription


J’ai rencontré l’année passée Monsieur Daniel Cohn Bendit dans le train, il m’a dit que je me faisais des illusions sur les années 70.
Apparemment, j’en avais aussi sur les années 2000.

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